Jeudi 22 septembre 2011
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Prises en sandwich entre la journée du patrimoine et la grande fête du Lion,
accompagnées d'une météo capricieuse et peu encourageante, nos brochettes musicales avaient réuni tous les ingrédients du fiasco annoncé...!
Et pourtant...
A l'heure dite, plus de 70 personnes étaient réunies, équipées de la tête aux pieds, par l'odeur alléchées ou par les sens
éveillées?!
Elles nous avaient rejoint pour vivre la plus magique et la plus poétique des manifestations que nous ayions organisé à ce
jour : quand le rêve rejoint la réalité ! Nous voulions simplement offrir une respiration intemporelle au creux d'une éphémère parenthèse, hors des turbulences du
quotidien....: "quel programme !!!" direz-vous.
Et pourtant....
La magie a opéré... et force est de constater que nous ne sommes pas si éloignés que cela de nos sens et de notre instinct
primitif... nous savons les mettre en alerte et ressentir les signaux qu'ils nous adressent ! Retrouver notre animalité dans l'obscurité puis, au coeur de la forêt, respecter le silence de
la nuit et se mettre à l'écoute. Respirer, s'imprégner de l'ambiance puis vibrer à l'unisson en se
laissant porter tout d'abord par le rythme ancestral des djembés et du balafon
Puis, encore bercés par ces sonorités primitives nous reprenons notre
cheminement dans l'obscurité, le flambeau projetant ses ombres de géants sur le feuillage des grands chênes. Les grosses gouttes d'une pluie passagère rappelent à certains qu'ils ont oublié
leur K-way dans la voiture. La nuit est humide mais très douce et accueillante. Cette ondée accentue l'éveil d'un autre sens. Nous respirons désormais des odeurs
de terre, de feuilles mortes, de champignons, de mousse et d'écorce humide. Au détour du chemin, balisé de quelques photophores qui ont évités les gouttes, une musique
douce et feutrée nous guide désormais. Les enfants pressent le pas pour s'en rapprocher au plus vite. Le grand feu de camp illumine la clairière, provenant de la cabane en
feuillage une mélodie aux sonorités médiévales nous accueille.
Magique et simplement beau!
Notre groupe éprouve alors bien de la peine pour quitter les lieux. Nous serions bien restés encore un peu autour du feu, bercés par ces sonorités
boisées. Mais l'idée de rencontrer, plus loin encore un autre univers musical et une nouvelle ambiance, nous relance dans notre quête. En avançant sur la digue de l'étang, il
nous faut éviter quelques crapauds croassant qui trônent au beau milieu du chemin. A découvert, nous pouvons observer un ciel enfin dégagé et constellé. Alors que nous abordons le
champ en bordure de forêt, une chouette commence à chuinter mais elle s'arrête net lorsqu' une suite de notes métalliques, pures et envoutantes nous traversent.
Vibrants à coeur et à corps, une force mystérieuse certaine, rappelant pour certains le film "rencontre du 3eme type" de Spielberg, nous mène jusqu'au
vibraphone.
Nous avons non seulement la chance de rencontrer ce troisième type
mais également un quatrième qui l'accompagne!!!
Une fois de plus, il nous faut bien du courage pour nous arracher à l'atmosphère envoutante
de ce duo magnétique... pataugeant quelque peu dans la gadoue, nous nous retirons donc... chlouk chlouk chlouk... pour reprendre notre chemin de découvertes. Un autre crapaud nous zieute au
passage mais malheureusement aucun enfant ne veut lui faire un baiser pour délivrer le prince qui l'habite.
C'est en pénétrant de nouveau dans l'obscurité de la futaie qu'un son étrange assez
proche du chuintement de la chouette de tout à l'heure nous surprends... c'est quoi???! Des rires... Ah la la... ces petites lampes torches à dynamo sont bien pratiques... mais il faut quelques
fois penser à les recharger!... La rigolade générale se coupe pourtant aussi brusquement qu'elle a commencé, le début à peine audible d'un air mélodieux et gai vient de nous cueillir. Les
enfants accélèrent à nouveau le pas en direction de ce nouvel appel et l'un d'eux ne manque pas de trébucher... pssst... pssst... chuuuut... revenez, doucement... écoutons, avançons
lentement vers cette nouvelle source mélodieuse et habillons nous de ces notes voluptueuses...
Une dernière interprétation japonisante nous amène à la méditation...
euuuuh, quoi...?... hein?!! ... déjà la dernière note?!
Nous attendons un instant...une suite?
certains se frottent un peu les yeux pour sortir de l'état second dans lequel ils
ont été plongés inconsciemment... Puis, en silence, nous entamons notre retour vers... la civilisation...
Nous sommes rattrapés par un air très connu qui nous fait afficher un sourire
d'enfance et nous aide ainsi à sortir de la bulle dans laquelle s'est enfermé notre groupe durant cette balade musicale hors du temps...
Nous continuons notre marche vers le feu de camp de
base et entendons déjà le son du groupe... électrogène!
Un enfant lance qu'il a faim et qu'il ne s'arrêtera pas pour écouter ce
groupe...!!!... : Que du bonheur...!
Les lumières et les voix sont proches, encore quelques pas et nous y sommes... notre
estomac se met à chanter... ça tombe bien, les brochettes sont prêtes....
La soirée continue ensuite dans un esprit de convivialité et de fraternité... les
musiciens sortent des bois et du champ où ils s'étaient isolés pour notre plus grand bonheur et interprètent des pièces musicales en solo, en duo, comme on veut et comme on le sent...
des improvisations, des échanges, des rires, de la gaieté, de la joie de vivre, de la chaleur humaine... Mais bon sang que ça fait du bien!!!.. Isa, nous pensons à
toi.
Un dernier duo feutré de flute ancienne et moderne, quelques chamallows
roussis au bout d'une baguette de noisetier et la soirée pourra se terminer comme elle a commencé... tout en douceur.
Merci à tous du fond du coeur d'être venus et d'avoir fait de cette soirée un
instant mémorable... ce n'est qu'un au revoir mais la prochaine fois... n'oubliez pas de bien vous équiper....!
Retrouvez également toutes les photos sur l'album Brochettes Musicales.
En savoir plus?!!...
Lors de la promenade et avant d'aborder chaque univers musical, un texte écrit
par les artistes était lu, en guise de préambule, aux visiteurs...
Univers n°1
Pour commencer ce voyage musical, nous vous proposons de découvrir
certainement l’un des plus anciens instruments de percussion.
Le djembé : composé d’un fût en bois sur lequel est montée, tendue, une
peau de chèvre ou d’antilope. Il trouve ses origines en Afrique de l’Ouest (Guinée, Mali, Côte d’Ivoire, Burkina Faso)
Il y est joué pour accompagner tous les événements de la vie (baptêmes,
mariages …) mais également les fêtes agricoles (labours, semailles, récoltes …).
Le djembé s’entend rarement seul. Il est généralement accompagné des doumdoums
(plus graves) et il est presque indissociable de la danse africaine.
C’est dans les années 50 que le djembé commence à s’exporter en dehors de
l’Afrique grâce à des ballets africains comme Fodéba Keïta ou le ballet national de la république de Guinée.
Et dans les années 80, il conquit le monde grâce à de grands joueurs comme
Mamady Keïta, Amadou Kiénou ou Famoudou Konaté par exemple qui fondent des écoles en Europe, aux Etats-Unis et au Japon.
Ce soir, Peggy, Séverine et Thomas vous font retourner au berceau des
Hommes.
Univers n°2
Lise et Olivier Bastien vont vous plonger en plein Moyen âge grâce à des œuvres
médiévales du 14° siècle.
La plupart de ces pièces sont des danses savantes où seule la ligne supérieure a été
écrite.
Ils ont fait un travail de reconstitution qui n’est qu’une proposition possible et non
pas l’exacte vérité que l’on ne connaîtra jamais.
Lise sera à l’organetto (modèle d’orgue portatif avec un soufflet à actionner soi
même), semblable aux modèles d’église mais en beaucoup plus petit.
-Olivier à la flûte à bec (instrument ancien, assez méconnu dans sa véritable
pratique; la plupart des danses sont de véritables œuvres virtuoses qui demandent beaucoup de dextérité)
il jouera également des cromornes (sorte de hautbois à bout retourné ; on les
appelle aussi tournebouts) Ils produisent un son nasillard assez particulier et typique de la fin du Moyen Age, début de la Renaissance.
Univers n°3
Changement de lieu, changement d’époque. Nous partons découvrir Le
vibraphone.
Instrument relativement récent. Il est apparu, dans ses premières formes, un
peu avant 1920.
C'est un clavier à percussion comme le xylophone, le marimba ou le
glockenspiel qui ont pour ancêtre commun le balafon.
Mais eux ont la même structure de clavier que le piano (ce qui n'est pas le
cas du balafon).
Les lames du vibraphone sont en métal. Une fois frappées, elles restent très
longtemps en vibration. C'est pourquoi elles sont toutes étouffées par une barre en feutre. Pour les laisser raisonner, on écarte la barre de feutre des lames à l'aide d'une pédale, un peu à
l'image de la pédale de sustain sur un piano.
Le son doux et très raisonnant donne au vibraphone une dimension envoûtante,
magique, ou swing selon le jeu du musicien.
Pierre-Antoine, aidé de Killian va vous faire découvrir 3 courtes pièces
:
Une balade de jazz, une variation autour d'un thème contemporain, et une
adaptation d'une musique électronique.
Univers n°4
Sortez votre éventail et préparez-vous à danser le tango autour du feu, le
rythme argentin vous prendra par surprise pour vous emmener en Amérique Latine.
Mais restez sur vos gardes, vous pourriez, sans vous en rendre compte, vous
retrouver à méditer au pied du Mont Fuji, sur un air de Shakuhachi.
N'hésitez pas à fermer les yeux, dégustez chaque son aux saveurs de
bambou...
Pélagie Trible, flûte traversière.
Les artistes qui ont participés à cette soirée musicale sont pour la plupart
professeurs de musique à l'EIEM (Ecole de musique de la Communauté de Communes du Tilleul)... Peggy,
Pierre Antoine et Olivier... ou leur élève
: Killian!
Vous pourrez retrouver Olivier et Lise Bastien le samedi 1er octobre à 20h00 à
l'Eglise de Phaffans avec leur ensemble "La dame oiselle" pour un concert de musique ancienne (Händel, Monteclair, Castello, Corette...) avec les amis de l'Orgue de la
Baroche.
Entrée est libre. Panier... à garnir à votre bon coeur!
Peggy et ses amis vous les retrouverez dans toutes les fêtes ethniques de la
région. Quand ça bouge, Peggy est toujours là avec tout ce qu'il faut dans sa 106 pour que vive la fête, le rythme et la danse!
Quand à Pélagie, sa flute ne retentira plus dans les ruelles de Strasbourg ou
elle se produisait... elle pars pour plusieurs mois dans un pays ou elle pourra exercer ses charmes sur les serpents à sonnette...